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Hadda - Casa / Hadda Ouakki - Chant d’une Rebelle - 52’ (2015)

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Un film écrit et réalisé par Jacqueline Caux
Image : Claude Garnier - Patrick Ghiringhelli
Son : Benjamin Bober - Philippe Welsh
Montage : Dora Soltani
Etalonnage: Romain Pierrat
Mixage : Jean-Marc Schick

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> voir un extrait

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Projections :

- Bordeaux - Rocher Palmer de Cenon - 16 Octobre 2016

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Projections :

- Paris - Première Mondiale à l’Auditorium du Musée du Louvre - 26 Novembre 2014
- Saint-Etienne - Cinéma le Grand Lux - 2 Mai 2015
- Maroc - TV2M - 20 Mars 2016 - 2 700 000 téléspectateurs
- Maroc - TV2M - 23 Mars 2016 - 1 000 000 téléspectateurs
- Paris - Théâtre de la Colline - extraits - Soirée Wajdi Mouawa - 22 Septembre 2016
- Bordeaux - Rocher Palmer - Cenon - 16 Octobre 2016

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Ce film est le portrait d’Hadda Ouakki, une femme d’exception, mais aussi celui d’une époque d’expansion et de développement de la ville de Casablanca, à la fin des années soixante, un peu plus de dix ans après la fin du protectorat français au Maroc.

Hadda Ouakka est une Berbère analphabète, une cheikhat marocaine, représentante de la culture Amazigh, aujourd’hui âgée de soixante ans, qui a toujours voulu chanter, qui a refusé de se marier et d’avoir des enfants, posant de ce fait un acte de rébellion inouï dans la société qui était la sienne.

En effet, alors même qu’elle vivait isolée, avec sa famille nomade, dans le Moyen Atlas Marocain, Hadda a toujours voulu chanter. À quatorze ans, elle fait annuler le mariage que ses parents lui avaient imposé, afin qu’elle ne devienne pas une artiste se produisant devant des hommes, ce qu’ils considéraient comme le plus grands des affronts. À quinze ans seulement, alors qu’elle ne savait pas ce que pouvait être une grande ville, ni ce qui l’attendait vraiment à Casablanca, Hadda - contre la volonté de tous les siens - fuit sa tribu. Nous sommes alors en 1968 et, dès l’année suivante, Hadda commence à enregistrer des disques et des cassettes et se fait bientôt connaître à travers tout le Maroc.

Depuis plus de quarante ans cette femme continue d’être à elle seule un véritable manifeste de liberté. Elle est une représentante emblèmatique de cette détermination remarquable de tant de femmes arabes qui, comme elle, ont lutté et luttent encore -et pas seulement depuis le printemps arabe - pour obtenir et imposer leur liberté de femmes et d’artistes.

Le choix d’Hadda Ouakki tient aussi au fait que sa force expressive prend appui sur la puissance et la beauté de poétiques très anciennes qui ne craignent ni l’humour ni l’usage de la provocation. En effet, s’appuyant sur une culture musicale et poétique ancestrale, Hadda Ouakki peut chanter des propos innocents et imagés comme ceux-ci : « La santé n’est pas un tissu, elle ne se vend pas au marché. Une fois abîmée personne ne peut plus recoudre ses haillons ! ». Mais elle peut aussi chanter un amour qui questionne le religieux de manière franche « Oh savant imam ! À quoi bon prolonger tes propos, alors que l’amoureux a déjà troqué son cheval pour faire un magnifique cadeau à sa belle tatouée… » Ou encore « Quand le beau garçon me jette son doux regard, tout mon corps tremble. Je perds mes toutes mes facultées et suis sans défense face à sa beauté ».

Ce portrait d’Hadda Ouakki me donne aussi l’opportunité de revisiter le passé d’une ville quasi mythique. Des archives d’Hadda, ainsi que de la ville à cette époque, vont me permettre de revisiter cette période de transformation de la capitale économique marocaine. En effet, Casablanca a alors vécu un développement qui n’était pas sans incidences sur les artistes qui y résidaient puisque, provoquant le déracinement d’une multitude d’ouvriers qui quittaient leurs campagnes pour venir travailler en ville, ceux-ci éprouvaient bientôt une nostalgie et un désir de retrouver leurs racines, notamment à travers le chant des cheikhats. Ceci provoqua l’émergence de nombreux lieux dans lesquels ces hommes pouvaient se rendre pour calmer un peu leur blues, offrant ainsi aux musiciens et aux musiciennes des opportunités de nombreux concerts. Nous ferons ce retour en arrière grâce à Bennacer Oukhoya - le maître d’Hadda Ouakki, aujourd’hui âgé de quatre-vingts ans -, qui nous racontera aussi son parcours de musicien à Casablanca.

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