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Si je te garde dans mes cheveux - 70’ (2013)

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Un film écrit et réalisé par Jacqueline Caux
Image : Claude Garnier - Patrick Ghiringhelli
Son : Philippe Welsh
Montage : Dora Soltani
Post-Production : La Huit Production
Producteur délégué : Stéphane Jourdain
Assistante de production : Laurence Milon
Conformation : Romain Pierrat
Mixage : Jean-Marc Schick
Avec la participation du CNC
De la Sacem : Olivier Bernard, Aline Jelen,
Amélie Argous
Du Théâtre National de Chaillot :
Didier Deschamps, Benoît André
Et le soutien de la Commission nationale française pour l’Unesco : Chérif Khaznadar.

Les musiciennes ayant participé au film :
Hadda ou Akki - Maroc
Amina Srarfi : Tunisie
Oum Kalthoum : Egypte - archive de 1961
Waed Bouhassoun : Syrie
Kamilya Jubran : Palestine
Warda El Djazaïria : Algérie. Générique de fin en hommage à Warda que nous aurions souhaité intégrer dans ce film, malheureusement sa mort récente a interdit nos retrouvailles.

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> voir un extrait

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Prix :

- Meilleur Film Documentaire Musical 2014 décerné par la Sacem
- Coup de cœur Charles Cros 2016 - Musiques du Monde - Catégorie Film

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Sélections :

- Bastia - Festival du Film Méditerranéen Arte Mare - 13 Octobre 2018
- Crolles - Médiathèque Intercommunal Gilbert Dale - Festival du film documentaire Etats de Femmes + concert de Kamilya Jubran - 25 Novembre 2017
- Paris - Festival du Film Documentaire 50/1-3e édt-La Musique + diffusion sur TV78 - 18 Novembre 2017
- Festival du Film de Femmes de Créteil 2016
- Festival du Film de Femmes de Séoul 2016 (Corée du Nord)
- Festival du Film de Femmes de Marseille - Cinéma Le Prado - 3 Octobre 2013
- Festival International des Films Documentaires - Lussas - 20 Août 2014
- Panorama des Cinémas du Magreb et du Moyen-Orient - PCMMO - 9 Mai 2014
- Festival Panorama des Cinémas du Magreb et du Moyen-Orient, Cinéma L’Écran de Saint-Denis - 9 Mai 2014
- Festival International des Films Documentaires - Fidadoc - Agadir (Maroc) - 3 Mai 2014
- Festival MUMA, Musique et Cinéma, La Cartonnerie - Reims - 26 Février 2014
- Festival Regard sur le Cinéma du Monde - Théâtre Charles Dullin - Rouen - 14 Janvier 2014

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Projections :

- Marseille - Bibliothèque Alcazar - 22 Août 2018
- Pontcharra - Médiathèque Jean Pellerin + concert de Kamilya Jubran - 23 Novembre 2017
- Paris - Cinéma Art et Essai L'Etoile - 17 Mars 2017
- Nanterre - Maison de la Musique + concert des Nass El Ghiwane - 21 Octobre 2017
- Paris - Université Paris Diderot - La Menace du Féminin fantasme ou réalité ? - 22 Avril 2017
- Bagnols sur Cèze - Médiathéque - 25 Novembre 2016
- Cucuron - Cinéma Le Cigalon - en présence de Laurent Garnier - 17 Novemvre 2016
- Pierrelatte, Cinéma Scop Le Navire - 20 Mai 2014
- Médiathèque de Saint-Ouen - 10 Mai 2014
- Maison de la Culture du Monde, Festival de l’Imaginaire, Paris - 15 Mars 2014
- Charleville-Mezières, Bibliothèque de la Ronde Couture - 13 Mars 2014
- Charleville-Mézières, Centre Social André Dhötel - 11 Mars 2014
- Centre Fleury Goutte d’Or Barbara, Paris - 22 Février 2014
- Orléans-Université, Salle Le Bouillon - 4 Février 2014
- La Chaux-de-Fond, Cinéma l’A.B.C. (Suisse) - 12 Janvier 2014
- Paris : Théâtre National de Chaillot le 23 avril 2013,
suivi d’un concert de Waed Bouhassoun (Syrie).
- Tunisie : Palais du Baron d’Erlanger - Sidi Bou Said le 3 mai 2013.
- Saint-Etienne : Cinéma le Grand Lux - Festival Avataria - le 31 mai 2013,
suivi d’un concert de Kamyia Jubran.
- Reims - La Cartonnerie, dans le cadre du MuMa, Musique et Cinéma - 26 Février 2014
- Vannes - Maison du Quartier de Kercado - Les Artisans Filmeurs - 22 Avril 2014
- Agadir (Maroc) - Fidadoc - 3 Mars 2014
- Saint-Denis - Maison de la Culture - 9 Mars 2014
- Lussas - Cinéma - 20 Août 2014
- Tanger (Maroc) - Musée de la Kasbah - 16 Octobre 2014
- Chambéry - Espace Malraux - 30 Novembre 2014
- Montpellier - Médiathèque Federico Fellini - 15 Janvier 2015
- Paris - L’Archipel/La Chapelle - Inauguration de l’Association « Zamkana » fondée par Kamilya Jubran - 26 Février 2015
- Belley - Salle Communale - 1 Mars 2015
- Marseille - Bibliothèque de l’Alcazar - dans le cadre du Primed - 27 Mars 2015
- Montpellier - Cinéma Diagonal - 14 Mai 2015
- Lyon - Association Lieues - 31 Mai 2015
- Arles - Musée Départemental - 17 Juillet 2015
- Lyon - Bibliothèque de la Part Dieu - 12 Novembre 2015
- Bordeaux - Lycée Vaclav Havel - 4 Décembre 2015
- Bordeaux - Rocher Palmer de Cenon - 5 décembre 2015
- Paris - Maison des Métallos - présentation à la presse du Festival du Film de Femmes de Créteil - 18 Février 2016
- Marseille - Music Forum - 19 Mars 2016
- Toulouse - Cinéma Utopia - 21 Mars 2016
- Créteil - Maison des Arts - 25 Mars 2016
- Pantin - Café Pas si loin - 14 Mai 2016 - Association Fair Play
- Clermont-Ferrand - Ecole Supérieur d’Art - 25 Mai 2016
- Séoul (Corée du Sud) - Cinéma Mégabox - 4 et 7 Juin 2016
- Lyon - Maison des Passages - 4 Novembre 2016 - Association Alwane

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Le titre de ce film est une allusion directe à ce tabou qu’est - dans les pays arabes - la chevelure des femmes, qui devrait être cachée, alors que toutes les musiciennes qui ont participé à ce film refusent de porter le voile.

Ce titre est donc une allusion à l’érotique du cheveu.

Ce film est, de fait, un manifeste, puisqu’il présente l’histoire actuelle de plusieurs femmes Arabes indociles, chanteuses, musiciennes et compositrices, originaires du Magreb comme du Machreq. En contradiction assumée avec le contexte de défiance actuelle vis-à-vis de ces cultures, ce film veut montrer la force d’affirmation de ces femmes qui se battent avec détermination pour imposer leur talent, leur art, leur engagement social, ainsi que leur féminité sans voile. Il ambitionne également de montrer comment leur force créatrice s’appuie sur de nouvelles attitudes mais aussi sur la puissance et la beauté de poétiques très anciennes qui rendent compte de l’extrême diversité de ces mondes, que l’on a trop souvent tendance à amalgamer en un unique univers.

Ce film a aussi une dimension politique directe puisqu’il a été tourné avec des musiciennes originaires de plusieurs pays actuellement en grand déséquilibre : la Tunisie, la Syrie, la Palestine. Ces contextes violents dans lesquels elles vivent, ou qu’elles ont dû fuir, ont évidemment un impact considérable sur leur art.

Si j’ai souhaité réaliser ce documentaire de création c’est parce que je n’ai pu m’empêcher de réagir aux discours médiatiques qui nous submergent actuellement. Il m’a en effet semblé urgent et nécessaire de parler autrement de ces femmes arabes, dispensatrices de richesses d’intelligence, de sensibilité et de délicatesse qui, s’appuyant sur des cultures musicales et poétiques ancestrales, revendiquent avec une grande combativité leur liberté d’artistes et de femmes dans des contextes politiques particulièrement perturbés. Mais aussi parce que, force est de constater qu’en occident, en règle générale, on ne fait pas trop de bruit autour des musiques arabes, exception faite peut-être du Raï. Peu de programmes sur les radios ou les TV nationales, peu d’articles dans les plus grands journaux, y compris ceux qui sont centrés sur la musique.

Compte tenu de tous ces présupposés négatifs, qui se sont encore renforcés depuis des événements récents, spectaculaires et douloureux ; des événements, trop souvent justifiés par de virulentes revendications religieuses, il m’est apparu indispensable de reprendre un parcours que nous avions mené, il y a vingt-cinq ans, mon mari Daniel Caux et moi-même, en lien avec Patrice Chéreau, Alain Crombecque et Catherine Tasca. Ceux-ci nous avaient alors proposé d’organiser - au Théâtre des Amandiers de Nanterre - ce qu’ils appelèrent « Les Journées de Musiques Arabes ». En avril 1984 avaient eu lieu, pour le Maghreb, des concerts rassemblant des musiciens Algériens, Marocains, Tunisiens, Mauritaniens, et en Janvier et février 1985, pour le Machreq, des concerts de musiciens Égyptiens, Libanais, Syriens, Irakiens, Qataries, Soudanais, soit au total vingt-cinq concerts rassemblant plus de trois cents artistes.

Cette fois, compte tenu de mon empathie naturelle avec le monde des femmes… j’ai choisi, pour ce film, de privilégier les femmes indociles de la musique arabe. Indociles, celles que j’ai suivies le sont assurément, vis-à-vis des diktats érigés par des sociétés peu enclines à les aider dans leur désir d’affirmation.

Dieu ou Allah savent la dose de courage, de volonté et de résistance qui leur a été, et qui leur est toujours nécessaire pour faire triompher, au fil du temps, leur parole, leur féminité, leur talent, leur art !

La prise en compte de ces parcours de luttes, associée à leurs grandes qualités artistiques, permet d’affiner, du moins je l’espère, une approche et une compréhension de ces cultures. En France et en Europe, depuis des décennies, nous vivons en effet un paradoxe flagrant : nous nous intéressons de plus en plus aux musiques Indiennes, aux musiques du monde, aux musiques noires américaines, alors que nous ne prêtons guère attention - et c’est un euphémisme - à des musiques qui se trouvent là, chez nous ou juste de l’autre côté de la Méditerranée. Si nous interrogions, au hasard, des personnes dans la rue, je doute fort qu’elles donneraient spontanément le nom de quelques-uns des musiciens parmi les plus importants de la musique arabe, exception faite peut-être d’Oum Kalthoum. Qui citerait l’équivalent d’un Miles Davis ou d’un John Coltrane ? Qui mentionnerait Mohamed Abdel Wahab, Sayed Darwishe, Riad El Sounbati, Baligh Hamdi, Khelifi Ahmed, Asmahan et tant d’autres ? Cette ignorance est, selon moi, la preuve d’une lourde ségrégation culturelle !

Avec ce film, j’ai aussi souhaité donner à voir l’extrême diversité des cultures arabes. Alors même que l’on parle de plus en plus souvent d’un ensemble Musulman ou Arabe fantasmatique, amalgamant en des raccourcis violents toute la complexité de ces mondes, j’ai souhaité, par le choix volontairement éclectique, et je dirais même extrême, que j’ai fait de ces cinq femmes musiciennes et compositrices, aider à la mise en question de ces a priori.

Comment ces musiciennes refusent-elles les diktats que la religion, le groupe familial, la société voudraient leur imposer ? Comment s’expriment-elles, aussi bien dans le registre savant que dans le registre populaire ou contemporain ? Comment s’imposent-elles, en groupes ou solitaires ? Comment réagissent-elles aux soulèvements, aux révoltes, aux guerres, aux difficultés qui affectent leurs pays ? Est-ce que leur posture est plus difficile à tenir maintenant qu’il y a dix ans ? Qu’il y a trente ans ? Puisque ce sont déjà ces préjugés qui obligèrent, à ses débuts, la merveilleuse chanteuse Égyptienne Oum Kalthoum, née en 1898 ou en 1902 (date incertaine) - dont une archive figure dans le film - à chanter déguisée en garçon alors qu’elle-même, plus tard, refusera de chanter devant des femmes voilées. Ce sont quelques-unes des questions que je me suis posées en commençant ce film.

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